Régulièrement, on fait des trucs cons. Souvent, on dit des trucs tout aussi cons...Des fois même, on dit de faire des trucs cons. Et parfois, on fait vraiment ces trucs un peu cons qu'on avait dit qu'on ferait, tout en sachant pertinemment que c'est con....Et des exemples, on en a tous à la pelle
Bref des fois on a 30 ans et plutôt que de piquer une très convenue et classique crise de la trentaine, non, on fait son original, son intéressant ou son malin à vous de choisir, et on part à l'assaut du Mont Blanc...Là vous commencez à comprendre où je veux en venir. Alors voilà, ça c'est le Mont Blanc, et juste à côté, c'est mon doigt....ou inversement, c'est comme vous voulez
Il a donc fallu partir à l'assaut de cette petite bosse (par la droite sur la photo). Mais évidemment, pas tout seul. Bruce était naturellement du voyage, accompagné cette fois ci de Jéremie (ici avec son camescope), Damien (reconnaissable à sa barbe de terroriste) et d'Odile, prise en flag en train de s'en griller une petite
Les présentations étant faites, allons y pour le récit de ce week end. Tout a très bien commencé par une petite excursion depuis l'Aiguille du Midi vers le refuge des Cosmiques. L'Aiguille du Midi, où comment prendre 2800 m de dénivelé positif en 5 mins. Une ballade sympa pour se mettre en jambes et prendre les premières photos toutes blanches du coin et s'apercevoir qu' un casque de montagne, c'est un peu comme le bonnet de bains à la piscine, ça rend sexy n'importe qui ...
NB: comme vous le remarquez, on n'est pas trop emmerdé par le traffic autoroutier ici, par contre si vous passez quelque temps dans le coin, accrochez vous pour arriver à suivre une saison complète de Koh Lanta
Après une séance coucher de soleil sur la terrasse du refuge, une nuit quasi blanche pour le jeune français et son ours (la montagne ça me gagne moyen quand il s'agit de dormir), il était temps de rejoindre l'Aiguille du Midi, après avoir crapahuté au milieu des rochers, histoire de s'échauffer un peu avant la grosse journée qui devait suivre. Malgré cet environnement pour le moins inhabituel, notre jeune ours s'en est tiré avec les honneurs et piaffait d'impatience d'aller en écoudre avec ce Mont tout Blanc
De retour dans la vallée, un petit tour dans le Tramway du Mont Blanc (un des 3 derniers trains à crémaillère de France - et oui merci Google) , qui vous emmène au Nid d'Aigle, de là il ne reste plus que 2h de marche entre les cailloux et les bouquetins du coin, avant de rejoindre le refuge de la Tête Rousse, prêts à la grimper leur colline du coin aux savoyards...et un peu anxieux quand même, quand on voit que le truc qui nous faisait face et dont j'ai évidemment oublié le nom, ne serait que l'apéro de la grimpette qui nous attendait
Après encore une super nuit (la montagne ça me gagne vraiment moyen la nuit), levés à 1h du mat, départ à 1h40 et c'est parti pour 7h20 de grimpette. Le décor nocturne est magnifique, d'un côté la montagne se dresse (marrant comme elle paraît toujours plus grande et plus longue), parsemée des quelques frontales des cordées qui nous précédent. De l'autre, le vide, impressionnant et les lumières de la vallée où des gens censés, se contentent de dormir...Enfin, ce magnifique décor, on n'en profite pas non plus 100% du temps. Quand on marche, on a tendance à courber l'échine devant la montagne et à regarder plutôt les talons du gars qui précède...Au bout d'un temps qui m'a paru interminable, le soleil a fait son apparition, l'occasion d'admirer un magnifique lever de soleil dans un décor non moins magnifique. Pour les photos magnifiques, par contre il faudra pas être trop exigeant. Bizzarement, je n'ai pas eu une envie folle de mitrailler à tout va au cours de l'ascension. Alors en voilà 2 prises je sais même plus trop comment.
Vous l'aurez compris, ce n'est pas toujours une partie de plaisir. En même temps, ça se fait, la preuve, et petit conseil père Fourras, faites du vélo avant d'y aller, à voir comment ont géré mes compagnons de cordée, c'est plus efficace comme préparation que les joggings au parc de sceaux.... Bref, au bout d'un moment, Il suffit de débrancher correctement son cerveau et on finit par arriver à la fin de l'interminable arrête finale. Et là, on se dépêche d'admirer le paysage, de prendre quelques photos et de graver le plus de choses possibles dans son cerveau, certes en léger manque d'O² . Parcequ'on n'y reste pas trois plombes non plus là haut. Alors profitez de ces photos, j'y retournerai pas tous les jours (remarquez l'air légèrement crispé et fatigué du jeune français, contrastant avec le calme et la jovialité de son ours)
Je passe sur la descente qui vous transforme les cuisses en 2 blocs de béton armé pour les 3 jours suivants. Toujours est il que quelques 14hs après s'être levés, on a fini par arriver en bas, rincés, dégoulinants, légèrement puants (comme me l'aura fait très discrètement remarquer ma voisine de train en redescendant sur St Gervais) mais vraiment vraiment contents...L'occasion pour Bruce de poser une dernière fois avec tout le monde, histoire de compléter la panoplie de portraits entamée il y a tout juste un an....
Merci à Nicolas et Pierre, nos deux guides, merci à Damien, Jérem et Odile pour ce week end et merci à vous qui lisez ces quelques lignes depuis un an...
Voilà ça s'est fait...
Allez, une petite dernière pour la route...
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